Juste une petite note pleine d'enthousiasme après la fête d'hier à la Flèche d'Or (infos ici) qui est une salle de concert installée dans un ancien bâtiment (celui de l'ancienne gare de Charonne, Paris 20e), même si je ne suis pas restée trop longtemps... En fait la salle n'est pas immense mais elle était bondée, ainsi que l'entrée et la verrière. Quelques chanteuses et slameuses se sont succédées, j'ai même entendu le mot "clitoris" ... c'est quand même rare sur scène :o) et assez plaisant il faut bien le dire ^^ On a entendu chanter Agnès Bihl et j'ai aimé "Mimi Bastille", en super forme et son jeu de scène ! infos sur l'organisation de la fête des 40 ans du MLF ici
La fête était organisée par les anciennes du Mouvement de Libération des Femmes en 1970. Après une période plus creuse (ma génération) où les femmes pensaient peut être avoir acquis des droits et l'égalité, il y a un changement aujourd'hui et un retour avec des jeunes femmes, 30 ans ou moins, qui réalisent que rien n'est acquis définitivement et qui mesurent dans leur vie, le gouffre entre les textes de loi et la réelle inégalité et ceci dans absolument tous les domaines et ... agissent. Il y avait bien entendu une buvette et ... une table de livres avec Violette and Co.
Il a fallu qu'on me passe le Télérama avec sa couve sur le groupe musical "The Gossip" et sa chanteuse au physique remarqué, Beth Ditto, pour que je commence à l'écouter (le groupe existe depuis 11 ans, mais je ne suis pas l'actu musicale la preuve ...) ... Ce n'est pas seulement parce qu'elle se dit ouvertement féministe et j'ai aimé presque tout ce qu'elle dit sur les femmes ... sur le physique des gens en général et des manières de vivre, et surtout son énergie positive !!! Elle évoque aussi son homosexualité. Le site internet du groupe est ICIet bien entendu des concerts sont prévus prochainement en France... Mais peut-être la connaissiez-vous depuis longtemps ;o)
Extraits de l'interview dans Telerama de cette semaine (c'est difficile de détacher des morceaux d'interview sans dénaturer l'ensemble aussi je vous invite à le lire intégralement, p. 16 à 20) :
"Ma mère écoutait pas mal de blues, alors je me documentais sur B.B. King et les autres. C'est par ce biais que je me suis intéressée à l'histoire, aux luttes sociales, aux inégalités... Ma mère avait aussi une étrange passion pour Boy George, allez savoir pourquoi ! Elle était jeune elle avait 24 ans à ma naissance et j'étais son 4e enfant. Elle en a eu 4 autres après ... Nous vivions à 8 ou 9 dans un mobile home où tout était récupéré et rafistolé. On était très pauvres. Nous étions des"white trash" (déchets blancs) aux yeux des autres, mais ma mère refusait cette appellation. (...) Elle a toujours travaillé dur pour échapper à ce stéréotype qui voudrait qu'être pauvre signifie être bête, inculte, bon à rien...
[Ma mère et la vie qu'elle menait] m'a fait mesurer à quel point le combat des femmes est encore loin d'être gagné. Pourquoi s'est-elle retrouvée seule à élever ses enfants sans l'aide de leurs pères ? La plupart des gamins qui deviennent punk sont en rébellion contre l'autorité parentale. Moi j'étais en colère parce que je ne comprenais pas pourquoi ma mère subissait le jugement des autres, pourquoi sa vie était si dure. On lui reprochait de ne pas payer ses factures ou de ne pas assez bien nous nourrir. Et pendant ce temps - elle était infirmière - elle conseillait des gamines paumées, leur parlait de contraception. C'était mal vu. Mais on ne reprochait jamais rien aux hommes. C'était aux femmes d'être irréprochables. Pour moi le punk incarnait la solidarité envers tous ceux qui étaient maltraités. (...)"
(question) "D'où vous vient cette 'positive attitude' ?" "J'ai bien essayé, petite, d'être négative, mais je ne pouvais pas m'empêcher de toujours tout relativiser. Je cherchais chaque fois à expliquer les raisons de ma colère et du coup elle se dissipait. Ce qui m'intéressait dans le mouvement Riot grrrl [info wikipedia ici] c'était moins de crier ma rage que de mettre le doigt sur ce qui n'allait pas. Pour moi ça devrait être la fonction de tout mouvement radical : ouvrir les yeux des gens, expliquer plutôt que se couper du reste du monde. Malheureusement le mouvement alternatif s'est replié sur lui-même. Comme s'il ne souhaitait pas aider les autres.
Or je n'ai jamais méprisé qui que ce soit, je ne me suis pas sentie supérieure. Surtout je n'ai jamais voulu traiter les autres comme on m'a traitée. On m'a rejetée parce que j'étais pauvre, grosse, mal habillée. Je me souviens, avec la chorale on chantait "We are the world", je devais avoir 8 ans et je fermais les yeux en chantant tant j'y croyais. Et toutes les autres filles se moquaient de moi. Ça m'a blessée sur le coup et puis subitement j'ai décidé de m'en foutre. J'étais bien comme ça, alors j'ai continué et je me suis sentie libérée. J'ai assumé ma différence. C'est ainsi que je suis venue au féminisme ..."
Une trentaine de choristes des Chiennes de garde ont chanté à pleins poumons place du Panthéon à Paris pour la Fête de la Musique dimanche soir. Chanté et rechanté nos trois airs : la Marseillaise des Chiennes de garde, l'Hymne des femmes et l'Internationale des femmes, en faisant le signe du vagin avec nos mains, sous les yeux des passant-es interloqué-es (avec distribution gratuite de tracts des Chiennes de garde). Très bonne ambiance, à recommencer l'année prochaine ! Grand merci à Jean pour les photos ;o)
• La Journée de la jupe : film (2009) de Jean-Paul Lilienfeld, avec Isabelle Adjani, Denis Podalydès, Yann Collette, Jackie Berroyer.
Je n'avais pas tellement envie de le voir ce film, j'ai lu des prises de positions à la serpe, je déteste les débats passionnés. Et puis là j'en ai eu envie. Sur certaines scènes, le film m'a fait rire, le rire de l'absurde. Mais la fin est vraiment tragique, avec une lueur d'espoir pourtant.
Entendre prendre le parti des femmes, des propos sur notre dignité c'est tellement rare. Voir une femme qui craque et devient violente c'est encore plus rare. J'ai trouvé que le déroulement n'était pas trop "téléphoné", il y a de nombreux caractères dans le film, les élèves aussi vont craquer, les tensions des uns envers les autres sont révélées, le sexisme, le racisme, le viol, les insultes ... Enfin c'est un film différent qui ne s'est pas senti obligé de mettre du sucre dans du miel. À voir. Adjani est bien, les jeunes acteurs et actrices formidables.
• VICTOIRE ! j'ai fini par obtenir les CD "fly girls !" venus d'Angleterre parce qu'en France on n'est pas foutus de nous procurer un truc qui s'appelle "Revenge of the super female rappers" et qui fête 30 ans de rap - soul au féminin ... pourtant encensé par la Fnac et Telerama ... mais introuvable même à Paris, comme c'est bizarre ... je vous le recommande très très chaleureusement si vous aimez bien sûr ce genre de musique ! Je reparlerai des chanteuses ou groupes grâce au livret qui permet d'en savoir un peu plus ...
• EN VUE : le CD d'Agonie, la rappeuse qui chante "Nettoie, tais-toi", son 1er album vient de sortir il s'appelle "de l'autre côté du miroir" ... bon j'en reparlerai ;o)) enfin si je le trouve ! ...
>>> Le cinéaste solognot Laurent Charbonnier ... Commentaires sans concessions d'un observateur attentif des événements du terroir. Laurent Charbonnier, qui a filmé beaucoup d'espèces menacées, appartient lui-même à une espèce en voie de disparition : celle des lecteurs de la presse quotidienne. C'est à ce titre qu'il a bien voulu jouer le rôle de «grand témoin». Voici les événements qui ont retenu son attention. Lundi 27 avril : clôture du Printemps de Bourges. « J'ai trouvé courageuse l'attitude du président du conseil régional François Bonneau à propos du rappeur OrelSan. Ce n'est pas parce qu'on est artiste qu'on a le droit de dire n'importe quelle grossièreté sur les femmes. C'est une bonne chose que ce genre de principe soit rappelé par un président de gauche. » (source à lire ICI)
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>>> Plusieurs associations rennaises ont reçu une mise en demeure de l'avocat d'Orelsan : des infos à venir...
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>>> Une video et une chanson d'AGONIE qui répond à Orelsan ;o) Lol ^^ « Tais toi, nettoie »est extrait de l’album d’Agonie « De l’autre côté du Miroir » sorti il y a peu. Sa chanson est super bien sentie en tous cas ;o)
>>> Le JDD annonce la déprogrammation d'Orelsan au festival des Francofolies de la Rochelle sur leur site ICI.Ce festival se posait la question de savoir s'il maintiendrait le chanteur aux paroles violemment sexistes ou pas. Il semblerait donc que ce choix ait été fait. En espérant que cette info soit avérée ... je me dis qu'il aura fallu nos mobilisations et celles des politiques qui ont joué un rôle de garde-fou pour les droits humains. Notre mobilisation continue bien entendu. Pour que ce pays qui se vante tant d'être celui des droits de l'Homme soit aussi celui des droits des femmes. enfin !
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>>> Un rappeur à connaître, découvert grâce au discours de Ségolène Royal au Sénégal, il s'appelle Didier Awadi, rappe des lyrics politiques ou engagés. Je l'ai noté sur mes tablettes pour soutenir ce qu'il aura pu produire. Je manque de temps mais je veux tout de suite partager avec vous, alors si vous aimez le rap engagé, ma préférée a été "J'accuse" à écouter sur son site ICI
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>>> “Injures sexistes : Valérie Létard envisage un texte législatif”, info AFP du jour à lire ICI
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>>> L'association Mix-Cité de Rennes (là où se trouve cette MJC aux lamentables arguments) lance une lettre ouverte à soutenir de vos signatures. Tous les détails sur le site Mix-Cité de Rennes ICI et pour se montrer solidaire envoyer votre courriel à Mix-Cité Rennes ICI
>>> Sur le site d'Union pour Rennes Capitale, un communiqué de presse concernant le passage d'Orelsan à la MJC Antipode de Rennes, si ça peut faire réagir en accord avec nos valeurs féministes... sur leur site ICI
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>>> Pour Bourges, ECVF (Élu-es Contre les Violences faites aux Femmes) a écrit une lettre ouverte au Président du Conseil Général du Cher, au Maire et au Président de la communauté d'agglomération, à lire sur le site ECVF ICI.
>>> Poursuivons notre mobilisation sur Bourges : voici des adresses mail où envoyer nos demandes, qu'Orelsan soit déprogrammé, et qu'aucun argent public ne finance les festivals qui font ces choix haineux des femmes : maire@ville-bourges.fr (mail du Maire de Bourges) , a.rafesthain@cg18.fr (mail du Président du Conseil général du Cher) , permanence.tanton@wanadoo.fr (mail du Président de la communauté d’agglomération Bourges)
titre : “JE BAISE QUI JE VEUX” de Pitbulle à Orelsan, son ex, en trois rounds ...
1. Les meufs veul’ pas sortir avec des gars comm’ toi T’entends comm’ tu nous trait’, moi et les autr’ nanas Tu t’ prends pour un auteur, mais t’es grav’ de chez grav’ Tous tes mots orduriers, tes sal’tés, ça nous gave ! Cogner, violer, casser, tabasser, massacrer, C'est tout c'que tu sais dire, et ça nous fait gerber!
(refrain) Je baise qui je veux, quand je veux, comm’ je veux, Me baise qui me veut, seul’ment si moi je l’veux
Ce matin j’ai littéralement bondi en lisant sur le site de 20 mn en ligne - que j’apprécie généralement pour un gratuit - une phrase choc qu’ils ont osé mettre en page d’accueil, oui ça accroche (même les féministes !) : "les fesses c’est l’intelligence des femmes" ... ce sont les propos du chanteur Arno ...
Alors cette autre interview, de la chanteuse Juliette du groupe ARTHER me fait encore + de bien ! Mon illustration du jour, parce qu’il y en a marre que sous couvert "d’art" on nous insulte à tous bouts de chant.
Allez du bon maintenant >Juliette, la chanteuse du groupe français ARTHER déclare«Je suis super féministe, et ce qu’on explique c’est qu’il n’y a pas de nature féminine ou masculine, que les différences aujourd’hui ne sont pas naturelles, elles sont sociales. En gros, il faut pouvoir se remettre en question, pour se construire une identité propre, celle qu’on a choisie. Je me bats contre l’idée de complémentarité, d’une différence qui nourrirait les rapports homme-femme, c’est de la connerie. Cela ne fait que nous séparer, cela nous mène juste à l’incompréhension. Le féminisme est un humanisme, et je pense qu’on y gagnerait vraiment à réfléchir les rapports homme-femme, pour quelque chose de plus égalitaire mais en profondeur.» (interview + écouter 2 chansons, c’est ici). Leur disque est sorti en mars ;o)